Réunion de commandement au TPI de Cotonou : Les OPJ outillés sur les notions de bon rapport à entretenir avec les avocats

Garantir les droits de la défense lors des enquêtes de police, une préoccupation du PR Mario Metonou

Le Procureur de la République près le Tribunal de 1ère Instance de 1ère Classe de Cotonou Mario Metonou a tenu ce vendredi 9 novembre une réunion de commandement avec les Officiers de Police judicaire de son ressort. Cette rencontre de commandement qui est la première de cette nouvelle année judiciaire s’est principalement penchée sur le rapport de bonne collaboration qui doit exister entre les Opj et les avocats.  S’il est vrai  que les relations entre les avocats et les opj n’a jamais été des plus cordiales, l’objectif pour le Procureur de la République Mario Metonou  qui avait pour la circonstance à ses côtés Yvon DETCHENOU, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, est de rappeler à ses bras opérationnels venus des différents commissariats de la ville de Cotonou,  les éléments de politique pénale, les principes qui doivent gouverner leurs actions dans la conduite des différentes enquêtes de police et le bon rapport qu’ils doivent entretenir avec les avocats afin de garantir le droit de la défense.

Pour le Procureur de la République, cette réunion de commandement qui a permis un échange assez constructif, entre l’ordre des avocats et les opj du ressort du TPI de Cotonou, pourra faciliter dans les jours à venir la collaboration et le travail. 

« C’est  la première réunion de commandement de cette nouvelle année judicaire. Il était important de rencontrer tous les Opj du ressort Du Tribunal de 1ère Instance de 1ère Classe de Cotonou…., pour rappeler les éléments de politique pénale, pour rappeler les règles du jeu  et pour rappeler les principes qui doivent gouverner notre action dans la conduite des différentes enquêtes de police et dans la conduite également Parquet de Cotonou. Il était important de rappeler tous ces principes et notamment de rappeler que s’il est vrai que nous sommes engagés dans une lutte implacable contre l’impunité, s’il est vrai que les interventions du Parquet sont de plus en plus importantes dans la vie de nos concitoyens, cette lutte implacable ne doit pas se faire au détriment de des droits de l’homme, au détriment des droits de la défense.  C’est pour cela que le bâtonnier de l’ordre des avocats a été associé à cette première réunion pour que les Opj sachent quel est le rôle de l’avocat lorsqu’on est en face d’enquête de police. C’était également une occasion pour permettre aux opj qui souvent nous font remonter des reproches qu’ils font aux avocats, de se retrouver en face du premier des avocats et de lui dire exactement quels sont les points qui fâchent », a souligné Mario Metonou  qui notamment mis l’accent sur le rôle de l’opj pour la sauvegarde du droit de la défense.

Dans une communication, Me Charles Badou va insister sur l’obligation de l’officier de police judicaire de laisser l’avocat jouer pleinement son rôle sans le percevoir comme un ennemi de l’enquête.

« L’avocat n’est pas l’ennemi de l’enquête, ni des policiers. Il ne doit pas être craint, ni faire l’objet de réactions méfiantes…. mais, un acteur principal de justice dont la mission consiste à faire respecter les droits de son client et les garanties attachées à la défense. Les droits de la défense ne sont pas une faveur consentie à regret. Certains ont regretté que le texte l’ait permis. Non ! C’est une nécessité absolue et intangible sans laquelle il ne peut y avoir de procès équitable », explique Me Charle Badou qui ajoute que « le rôle d’un avocat n’est pas le rôle d’un robot, ce n’est pas  le rôle d’un muet, mais c’est  le rôle d’un acteur de justice et c’est  un rôle actif ».

Le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin  Yvon DETCHENOU  pour corroborer les propos de son confrère, va insister sur deux points. D’abord, le droit pour l’avocat de prendre connaissance des charges retenues contre son client gardé dans les mains de la police et aussi  la liberté pour lui  de le rencontrer à tout moment.

« Il y a également une chose sur laquelle il faut qu’on insiste. C’est le fait simple que pour que l’avocat assiste la personne, il faut obligatoirement que l’avocat connaisse, sache ce pourquoi, la personne est en conflit ou se retrouve entre les mains de la police. C’est-à-dire, qu’il connaisse les charges, les éléments qui sont retenus ou qui sont retenus ou qui sont en train d’être retenus contre lui…. Je voudrais insister sur une dernière chose. C’est la possibilité pour l’avocat d’aller voir, de rencontrer sont client. Cette possibilité n’est pas sujette à une lettre de constitution à ce jour », a indiqué le bâtonnier Yvon DETCHENOU  qui n’a pas manqué de rappeler les comportements exemplaires dont doit faire preuve aussi  l’avocat vis-à-vis de l’Opj. Ce dernier selon lui peut toute fois, formuler un recours à l’endroit de l’ordre en cas de manquement à son égard. 

« Nous souhaitons que la justice si elle doit se faire, qu’elle se fasse de manière sereine et de manière transparente…Nous sommes embarqués dans la même logique avec peut-être des rôles différents, mais embarquer dans la même logique de justice », a-t-il  conclu

B.N