Mouvance présidentielle : Le MBP de Victor Lawin rejoint le Bloc Progressiste

L’annonce officielle sera faite ce samedi à Glazoué à travers un congrès extraordinaire

« C’est un choix réfléchi, un choix qui est basé sur le futur, sur la construction d’une nouvelle génération, un choix pour la cohésion et le renforcement de l’unité nationale », précise le président du MBP (Interview)

Entre les deux blocs de la mouvance présidentielle à constituer pour les perspectives des prochaines élections législative, sa position est désormais connue. Le Mouvement Bénin Prospère (MBP), présidé par Victor Lawin, a finalement  décidé de se fondre dans le Bloc Progressiste. Créé en janvier 2018 à Glazoué, le MBP qui a poussé des ailes sur  toute l’étendue du territoire,  a travaillé sans relâche à accompagner les actions de développement du président Patrice Talon. Réforme du système partisan oblige, Victor Lawin et ses militants devraient se conformer aux exigences du nouveau code électoral.  Ils se plient finalement aux directives du leader de la mouvance présidentielle en décidant de se fusionner dans l’Union Progressiste.  L’annonce officielle sera faite ce samedi 18 novembre prochain à Glazoué à travers un congrès extraordinaire du MBP à l’occasion duquel  les militants  valideront les travaux du Conseil National de leur parti qui auront lieu ce vendredi.

C’est dans   une interview accordée à l’Agence Bénin Médias, que  Victor Lawin, président du MBP a révélé la nouvelle et aussi les raisons qui ont motivé le choix du Bloc Progressiste. « C’est un choix réfléchi, un choix qui est basé sur le futur, sur la construction d’une nouvelle génération…», a-t-il notamment notifié…

Quelle est la position du Mouvement Bénin Prospère dont vous êtes le président par rapport aux deux blocs en construction au sein de la mouvance présidentielle ?

Victor Lawin: Le Mouvement Bénin Prospère a fini par décider d’adhérer le Bloc Progressiste. Pourquoi ce choix ? Comme un père qui a plusieurs enfants, nous avons besoin d’aller à la rescousse de la population chacun en fonction de ses capacités et en fonction de son environnement. Lorsque je prends une famille qui a deux enfants, un médecin et l’autre cultivateur, chacun à son rôle. L’essentiel, c’est que pour cette famille, on puisse se soigner et aussi pouvoir  donner de la nourriture aux autres. C’est ce qui fonde un peu notre choix. Pour aller droit au but, lorsque nous prenons les deux blocs, nous avons dit que nous soutenons les avons du chef de l’Etat. Nous avons commencé depuis 2015 pour rallier la population de la 10ème Circonscription électorale au candidat Patrice  Talon d’alors qui est devenu président de la République. Lorsque vous suivez un président qui donne des orientations, vous êtes appelés à les mettre en œuvre dans l’environnement dans lequel vous évoluez. Cela veut dire quoi ? Les deux blocs, Union Progressiste ou Bloc Républicain, sont des blocs qui appartiennent au chef de l’Etat. Lorsque je regarde au niveau de l’Union Progressiste, dans lequel nous avons adhéré, nous avons l’objectif de construire quelque chose de nouveau. L’objectif pour nous comme vous en doutez, n’est pas 2019, mais la construction d’un avenir pour les jeunes que nous constituons. Lorsque je parle d’une construction d’avenir pour les jeunes, c’est qu’il faut voir, quels sont les partenaires que nous disposons dans les autres circonscriptions électorales, parce qu’à la fin, nous devons pouvoir avoir une élite au niveau de chaque bloc. Lorsque je regarde l’Union Progressiste, nous avons des amis et des militants qui sont au niveau dans le Couffo, dans le Mono, dans l’Ouémé, dans le Plateau. On peut me demander s’il n’y a pas également de ces jeunes dans les autres formations ? Oui, mais il y a la question  de l’attirance, la question de perception, la question d’analyse commune. Nous avons choisi l’Union Progressiste à cause de toutes ces considérations. C’est également vrai que nous ne devront pas regarder les personnalités qui existaient dans ces blocs. Si nous le faisons ainsi, c’est que nous avons une vue courte de notre avenir. Parce qu’à ce niveau, on dira qu’on a choisi en fonction de la position de tel ou tel autre député. Ce n’est pas du tout le cas chez nous parce que ces députés ont le droit  de choisir leur camp comme nous jeunes également, qui voulons construire notre avenir politique,  nous devons aussi choisir notre camp afin de participer aux débats nationaux. C’est ce que nous avons fait en toute intelligence, sans intervention aucune. C’est pour dire que l’Union Progressiste disposera dans le futur des cadres émérites qui veulent donner à la nation tout ce que les aînés leur ont appris. C’est sur ce point qu’il fallait faire le pas, le pas a été fait et la population sera mise au courant sous peu.

Vous aurez à travailler surtout dans la 10ème avec un vieux briscard qu’est l’honorable Edmond Agoua.  Quelle chance pour les jeunes du MBP avec le Bloc Progressiste parlant d’avenir politique ?

Le choix n’a pas été du tout facile parce que le Mouvement Bénin Prospère n’est pas seulement dans la 10ème. Lorsque nous l’avons créé le 20 janvier 2018, j’avais annoncé que beaucoup de jeunes sont en train de taper à la porte. Oui, nous aurons à travailler dans la 10ème principalement aux côtés de notre aîné Edmond Agoua. Nous n’avons pas peur. Je pense que c’est une chance pour nous et pour lui de savoir qu’il y a une nouvelle génération de politiques, d’hommes de développement comme lui. Il a fait ses pas, il continue de faire ses pas. Je pense qu’il devrait pouvoir se dire, après moi, qui sont ceux sur qui je peux compter ?  Déjà nous, nous sommes des élus parce que si vous regardez  dans le Mouvement Bénin Prospère, nous avons pour ce qui est de Glazoué, plus de huit conseillers communaux. Cela veut dire que ces conseillers ne voudront pas se faire compter l’histoire. Ils voudront également revenir. Nous devons travailler avec notre aîné, l’honorable Agoua, nous devons composer avec lui et celui qui sera le gagnant ne serait pas lui, ni nous, mais plutôt la population béninoise. Lorsqu’aujourd’hui nous sommes dans un groupe et nous arrivons à décrocher des forages pour notre population, ce n’est pas notre mérite. Le mérite revient à la population qui a choisi. Je pense qu’à ce niveau, il ne devrait pas y avoir de débat de leadership entre tel et tel. Nous, nous avons notre génération, nous avons notre stratégie à laquelle nos allons l’associer et je pense qu’il devrait nous recevoir à bras ouverts comme ses frères, comme ses enfants, comme également ses conseillers parce qu’il y a des choses que nous savons de la nouvelle génération que lui, ne sait pas. Il y a également des choses que sa génération détient qu’il faut que nous essayons de leur arracher. On sait qu’en  politique, un pouvoir ne se donne pas facilement mais parfois l’aîné se dit, il est temps que je laisse la main à d’autres pour rester dans l’histoire.

Quelle sont les chances de l’Union Progressiste pour ces législatives ?

De façon globale,  je ne voudrais pas parler  de la 10ème simplement, je pense qu’il s’agit pour nous, parce que je suis déjà membre de l’Union Progressiste, de travailler. Nous savons que la grande majorité des béninois sont mécontents, mais je voudrais vous dire que les élections législatives sont différentes des élections présidentielles. Il s’agit ici de qui voulons-nous dans chaque circonscription, dans chaque commune pour l’assemblée. Ça veut dire que c’est une question d’identité par rapport à une communauté. En ce moment là, le jeu est ouvert. Au niveau de l’Union Progressiste, il faut pouvoir positionner des gens qui sont encore adulés dans leurs circonscriptions, dans leurs communes. Ceux à qui la jeunesse a accès, ceux qui communiquent, qui sont au chevet de leurs populations. Non pas ceux qui dépensent pour avoir la confiance des électeurs, mais ceux sur qui la population peut compter une fois élus. C’est là, la différence entre élection législative et élection présidentielle. Lorsque nous aurions mis en place ces stratégies, nous allons avoir la majorité. Et ceci aiderait comme le font déjà le BMP à accompagner le chef de l’Etat jusqu’à la fin de son mandat.

De quoi sera fait le congrès du samedi prochain ?

Je pense avant samedi, le vendredi nous avons le congrès extraordinaire. Le Conseil du MBP devrait pouvoir se réunir pour faire le point du parcours que nous avons effectué,  des différents contacts que nous avons eu, un point sera fait et la décision finale sera prise. Le samedi, aura lieu un grand meeting auquel toute la population est invitée à assister. Nous aurons à leur expliquer une fois encore le contenu du système partisan parce que les béninois, peu sont-ils qui connaisse de quoi il s’agit. Les gens pensent par exemple encore qu’il suffit d’avoir la majorité dans une circonscription électorale pour être élus. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Il faut leur expliquer. Pourquoi ces grands regroupements ? Quel intérêt  la jeunesse a aujourd’hui dans le système partisan ?  Il faut expliquer tout ça. Je voudrais donc rassurer l’ensemble des  populations de la 10ème circonscription et tous les autres militants du MBP des autres coins du pays du choix que nous avons opéré en nous ralliant à l’Union Progressiste. C’est un choix réfléchi, un choix qui est basé sur le futur, sur la construction d’une nouvelle génération, un choix pour la cohésion et le renforcement de l’unité nationale. Je m’en voudrais de ne pas toucher l’élément ethnique qui caractérise surtout Glazoué. Nous avons besoin de nous départir de ça.

J’invite donc les militantes et les militants du MBP de se mobiliser  massivement  pour la réussite du géant meeting du samedi prochain.

Propos recueillis pas Brieux NOURENI