Délivrance de 350000 actes de naissance à la veille des élections: _Les soupçons au sujet d'une fraude électorale augmentent

Dans un contexte où les opposants accusent déjà le Régime de préparer la fraude électorale, cet acte augmente les suspicions...

Depuis quelques jours le gouvernement de la Rupture est devenu très préoccupé de la vie des concitoyens qui ne détiennent pas d’actes de naissance. La précipitation dans laquelle cet acte est posé dans une atmosphère électorale faite d’accusation augmente la suspicion sur les éventuelles fraudes dont le gouvernement de la Rupture est accusé.

Octroyer des milliers d’actes de naissance aux Béninois est une bonne chose. Mais faire les choses selon l’art est mieux. Au nom de quelle logique, une simple déclaration d’individu méconnu souvent par le chef de quartier peut-il faire office de loi ? Le gouvernement de la rupture est actuellement dans cette dynamique où la loi est mise de côté. Subitement la délivrance de ces actes de naissance est devenue la priorité du gouvernement qui y met une dose de communication alors qu' aucune trace ne figure  sur le fameux PAG.  

Dans tous les pays, une telle opération emprunte la voie des audiences foraines. Cela évite que  des personnes étrangères n’obtiennent  d’actes de naissance pour ensuite prétendre avoir la nationalité  béninoise qui ne leur est pas due. Or, avec la  stratégie actuelle la probabilité que ces actes de naissance ne soient pas crédibles est bien  forte. Du coup, on se demande ce qui motive tant le gouvernement de Talon à vouloir octroyer  les actes avant les élections en vue. 

On a l’impression que les Béninois qui n’ont pas  d’actes de naissance ne peuvent pas aller au vote en mars prochain. Si tant est que le gouvernement est si soucieux de la souffrance du peuple  pourquoi depuis 2016, il n’a pas daigné légitimer les cartes Lépi comme  pièces d’identité officielle. Et pourtant c’est un processus pareil  à celui du Ravip qui a permis de concevoir ces  cartes. A y voir de près, le gouvernement a une intention derrière la tête  dont il est le seul à savoir. A la vielle des  échéances électorales, ces genres de démarche apportent de discrédit sur la sincérité du processus mais aussi remettent en cause la transparence des  élections.  Car, rien ne peut justifier cette  décision et surtout cet empressement dans la délivrance de ces actes. Dans un contexte où les opposants accusent déjà le Régime de préparer la fraude électorale, cet acte augmente les suspicions et la veille citoyenne doit être de mise pour un climat électoral sain.

Denis Amoussou/Nasiara