Cour d'Assises: La quatrième affaire inscrite à l'ordre du jour ce 19 janvier n'a pas été examinée

Il s’agit du dossier N°85/PG-15 ministère public contre Adanlin Lissanon Jean-Marie dit John, Inna Mikhailovna Sazonova et Mahinou Bruno. Les accusés sont poursuivis pour parricide et complicité de parricide. (Hermann Parfait Aniambossou)

La quatrième affaire inscrite au rôle de la première session de la cour d’assises de la cour d’Appel de Parakou n’a pas pu être examinée par la cour présidée par Hubert Arsène Dadjo, hier jeudi 19 Janvier 2017. Il s’agit du dossier N°85/PG-15 ministère public contre Adanlin Lissanon Jean-Marie dit John, Inna Mikhailovna Sazonova et Mahinou Bruno. Les accusés sont poursuivis pour parricide et complicité de parricide.  Par un arrêt, la cour a renvoyé la cause pour le 27 février 2017. Et pour cause, les avocats de la défense, ont soulevé une exception d’inconstitutionnalité. Ces derniers ont estimé qu’il y a eu violation de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, notamment par rapport à l’égal accès des citoyens à la justice.

 Les avocats ont déclaré avoir reçu le dossier tardivement, donc ils n’ont pas eu le temps nécessaire pour assurer une défense de leur client, et mieux, il y a des pièces manquantes au dossier. Un accent particulier a été mis sur les feuilles de note d’audience de la dernière assise qui manquent au dossier de certains avocats. Or l’exception d’inconstitutionnalité une fois soulevée emporte le sursis à statuer en vertu des articles 577, 578 et 579 du Code de procédure pénale. La défense dispose d’un délai de huit (08) jours pour transmettre leur requête à la Cour Constitutionnelle. Il est à signaler que poursuivis et inculpés de parricide et de complicité de parricide, Inna Mikhailovna Sazonova et son fils Adanlin Lissanon Jean-Marie dit John n’ont pas reconnu les faits. Ils sont en détention préventive depuis le 08 Mai 2014.

Résumé des faits

Les faits qui devraient être examinés par la cour, remontent au dimanche 04 mai 2014 dans la commune de Malanville. Aux environs de onze heures, Docteur Clément Adanlin Lissanon, pharmacien, propriétaire de la « pharmacie du Sahel », se retire de l’officine pour sa chambre sise à l’immeuble abritant la pharmacie.

Peu de temps après, son fils Jean-Marie alias John arrive dans l’officine  et achète du tranxèneet du valium injectable, plus deux seringues. Il confie aux employés qu’il allait soigner un chien malade. Pressé, il ne prend pas le soin d’attendre le reliquat. Il revient bien après tout en sueur, chercher ledit reliquat.

Le soir, dame Inna Mikhailovna Sazonova, épouse Adanlin et mère de John fait appel à l’un des employés, sieur Aïzon Morel, pour lui signifier qu’elle a réglé le différend qui l’oppose à son époux et que désormais elle se charge de récupérer les recettes et les clés de la pharmacie et qu’on doit lui faire un inventaire. L’employé compose le numéro du portable de son patron qui sonne  en vain, et dame Inna Mikhailovna Sazonova d’ajouter que son mari s’est rendu au Niger.

Assistant  à la conversation; Adanlin Lissanon Jean-Marie dit John se rend à l’officine pour porter  l’information aux agents de garde.

A ce moment précis, le sieur Didier Adanlin, frère cadet du docteur pharmacien venait acheter un produit et les employés lui exposèrent leurs préoccupations.

Il leur demanda de s’exécuter, puisqu’il s’agissait de l’épouse et du fils de leur patron qui le leur exigeaient. Ainsi, à la fermeture ce dimanche, une somme de huit cent dix-huit mille cinquante mille cinq francs Cfa et les clés de la pharmacie ont été remises à dame Sazonova contre décharge.

Les recherches entreprises par les employés et les frères du pharmacien pour avoir des nouvelles de Clément Adanlin se sont révélées infructueuses. Ils portèrent alors les faits à la connaissance du commissariat de police le 06 mai 2014.

Le transport effectué par les éléments de la police au domicile du disparu a permis de découvrir les cendres d’une mallette et de documents brûlés. De même, les traces de pneus d’un véhicule à bras communément appelé pousse-pousse ont été relevées sur le portail nord de la maison.

Interrogé sur l’origine du foyer de feu éteint et les traces de pneus de pousse-pousse, Jean-Marie alias John reconnaît en être l’auteur. Il explique avoir fait sortir par ce portail, des cartons inutiles dans un pousse-pousse pour les brûler.

Au bord du marigot du quartier, l’officier de police judiciaire a retrouvé une paire de chaussures couvertes de boue identique à celle retrouvée sur les pneus du pousse-pousse. La paire de chaussures appartiendrait à John selon les voisins, ce que l’intéressé a réfuté.

Sur ces entrefaites, des soupçons furent portés sur Adanlin Lissanon Jean-Marie alias John et sa mère Inna Mikhailovna Sazonova qui ont été interpellés.

Pendant que le juge des libertés et de la détention statuait sur l’opportunité du placement en détention provisoire des mis en cause, l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête a été informé de la présence d’une fosse nouvellement creusée sur les tas d’ordures non loin du domicile du disparu.

Le transport effectué sur les lieux a permis de découvrir le corps sans vie du docteur pharmacien Adanlin Lissanon Clément, emballé dans une toile cirée, dans un état de putréfaction.

Hermann Parfait Aniambossou