Bénin-entrepreneuriat des jeunes : Vers la suppression du Fnpeej ?

_Paulin Akponnna pourrait perdre plus tôt que prévu, son poste de Dg_

Nommé le 11 juillet 2018 en conseil des ministres,  Paulin Akponan pourrait perde plus tôt que prévu son poste de Directeur général du Fonds National de Promotion de l'Entreprise et de l'Emploi des Jeunes (FNPEEJ).  Et ce n'est pas pour passer le témoin à un successeur, mais la  structure qu'il a héritée il y deux mois seulement des mains de Moïse Kérékou actuel ministre des  Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, pourrait disparaître avec ses attributs confiés au Fonds National de la  Microfinance (FNM),  apprend t-on de source crédible. 

Institution à caractère social créée au détour du Forum National sur l'Emploi des Jeunes qui s'est tenu à Cotonou du 08 au 10 mars 2007, le FNPEEJ qui a eu pour mission de faciliter l’accès des jeunes et des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) aux crédit et autres outils de production,  n'a certainement pas comblé les attentes du  gouvernement qui en train de prendre ses responsabilités en définissant d'autres approches d'accompagnement de l'entrepreneuriat des jeunes. 

 De ses interventions depuis sa créations auprès de la jeunesse cible avec plusieurs milliards de francs  injectés à titre de crédits pour le financement de près 1440 projets pour quelques rares rendements, le FNPEEJ fait face aujourd'hui à une situation pénible qui l'enlise : Plusieurs milliards de créances non recouvrées  auprès des jeunes promoteurs, des petites et moyennes entreprises et des systèmes financiers décentralisés partenaires.  Une situation qui a amené plusieurs fois le gouvernement du président Patrice Talon  à monter au créneau pour menacer et les débiteurs, et les acteurs de la chaîne d'octroi de crédits. 

A la suite du conseil des ministre du 13 octobre 2017, le gouvernement  a instruit les ministres concernés par le sujet, afin de procéder au recouvrement forcé des créances aurès des débiteurs. L'échéance du 31 janvier 2018 avait été donnée.

Situation des créances

Depuis sa création, deux phases correspondant à deux approches ont marqué l'intervention du FNPEEJ.  L'approche directe de financement et la stratégie du faire-faire

Sur les 6 milliards FCFA injectés à la première phase  pour financer 1.150 projets de jeunes et de PME, seulement 377.223.139 FCFA ont été remboursés 2009 à 2016 ; soit 6,32% du montant des crédits accordés.

Même constat lors de la deuxième phase qui a démarré en novembre 2014. Au 30 septembre 2016, des lignes de crédits de 1.150.498.103 FCFA ont été mises à la disposition des SFD. Ce montant a servi au financement de 290 projets de jeunes et de MPME, puis de 1099 micro entreprises de femmes dans le cadre du Crédit d’Appui à l’Entreprenariat féminin. Pour cette phase, le taux de remboursement n’atteint que 39,2% en août 2016, contre une norme de 95%. 

A la date du 3 Janvier 2018, avec les différentes  pressions du gouvernement,  un montant de soixante-dix-sept millions cinq cent quatre-vingt-quatre mille huit cent trente-deux (77.584.832) FCFA sur cent trente-trois millions cinq cent quatre-vingt-huit mille neuf cent quarante¬sept (133.588.947) FCFA ont pu être récupérés selon le ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la promotion de l'Emploi d'alors lors d'une réunion hebdomadaire du conseil des ministres le 11 avril 2018. Selon ses dires, plusieurs autres débiteurs se sont manifestés  et ont demandé des moratoires pour solder leurs dettes.

Le gouvernement ne voudrait plus prendre des risques

 Il faut constater tout simplement que les  difficultés du FNPEEJ  à recouvrer les créances, est liée au fait que les nombreux projets pour lesquels plusieurs milliards de francs ont été alloués, n'ont jamais porté afin de  permettre aux jeunes débiteurs de répondre à leurs engagements. Conclusion, le FNPEEJ malgré que son actuel directeur Paulin Akpona et son prédécesseur Moïse Kérékou aient  tenté de sauver les meubles,  est très loin d'avoir atteint la mission qui lui a été assignée. 

Avec ce qui se dessine,  le  gouvernement dans sa volonté affichée d'investir dans l'entrepreneuriat des jeunes afin de créer de la richesse, ne voudrait  plus prendre des risques avec le FNPEEJ.  Il a réfléchi à d'autres approches et compterait miser sur une institution comme  le FNM qui a lancé recensement le projet "Finance Digitale", un projet novateur d'entrepreneuriat des jeunes. 

  La  validation le mercredi 19 septembre 2018 de la transmission à l'Assemblée nationale d'un projet de loi qui a pour  but de  faciliter  de la création d'entreprises et  booster l'entrepreneuriat des jeunes, est un signal fort.  

En attendant le contenu de cet projet de loi,  on peut presque affirmer que le FNPEEJ est en train d'être classé dans le tiroir des institutions qui ont vécu.

Brieux Noureni