Augmentation du coût de l'Internet au Bénin : Une mesure pour traquer les internautes opposés au pouvoir

Romuald Wadagni a dévoilé les coulisses de la décision du pouvoir...

Les béninois sont désormais fixés. Les  motivations  du décret présidentiel 2018-341 du 25 juillet 2018 qui autorise les opérateurs GSM à hausser dans les tous prochains jours, le  coût de la communication et de la connexion internet au Bénin  ne visent  pas en effet  à régler un problème économique. La décision gouvernementale est plutôt politique et c'est bien le ministre de l'Économie et des   Finances qui a dévoilé la vérité. 

Appelé à intervenir  ce mardi 28 août 2018 par  vidéo conférence lors de " Benin Investiment Forum ", l'argentier national justifiait  l'augmentation prochaine  des prix de la communication et de  la connexion  internet en ces termes.  

 "J'ai été supporter de cette mesure..... Je veux clarifier la chose suivante. Il n'a pas été question d'augmenter le coût de la connectivité. Si vous êtes ingénieur et que  vous avez besoin de faire tourner des modèles, de faire de la recherche, le coût n'a pas changé. Le coût change pour les réseaux sociaux et des usages ludiques. Vous téléchargez de la musique, un film, vous faites des transfert d'images Whatsap qui critiquent le gouvernement.., libre à vous de le faire. Mais vous payez le prix qui est légèrement plus fort", a-t-il déclaré suscitant un rire narquois des participants.

 Ce sont là des propos surprenants à la limite suicidaires du ministre Romuald Wadagni  qui donnent raison à ceux qui pensent que la liberté d'opinion est mise à mal sous le  gouvernement  de la rupture. 

Ne peut désormais  utiliser les services internet sur les réseaux sociaux qui veut mais qui peut. C'est évident! L'impopularité du pouvoir Talon est patente.   Les critiques vis-à-vis du système en place  sont  plus perceptibles sur internet notamment sur les réseaux sociaux.  Des nouveaux canaux de communication plus utilisés par l'opposition pour se faire entendre..  

 A écouter  le ministre de l'Économie et des Finances, il est donc clair que  le gouvernement de la rupture  par sa volonté de rendre plus coûteuse la communication et les services internet,  veut   régler des comptes avec ces internautes  qui se livrent à le critiquer au quotidien.. Dépassé par l'ampleur  des attaques sur  ces nouveaux médias, le pouvoir Talon   prépare la répression et le musellement des internautes gênants.  L'objectif est donc clair, réduire au silence, les millions d'activistes  opposés à la gestion du système en place.   Et les opérateurs GSM sont mis à contribution pour ce sale besogne. 

_L'échec de la révolution de l'économie numérique proclamé_

 En voulant régler des comptes politiques en rendant la communication et les services internet plus coûteux, le pouvoir   ignore certainement les désagréments qu'il prépare à ces milliers d'opérateurs du numérique  qui s'échinent  sans soutien  à contribuer au développement du pays.

 Et pourtant, c'est ce  même  gouvernement qui a décidé de faire du  secteur de l'économie numérique,  une priorité de développement. C'est ce  même gouvernement qui  travaille à déployer dans dans tout le pays la fibre optique pour une couverture intégrale du territoire national  en  Internet haut débit. C'est ce  même gouvernement qui  répondant aux problèmes des abonnés,  a appelé plusieurs fois les opérateurs GSM a réduire le  coût de la communication internet. Pourquoi subitement un acharnement vis-à-vis des consommateurs? Peut-on vouloir d'une chose et son contraire ?

L'avenir s'assombrit pour le numérique  au Bénin. Au nom de la politique, le gouvernement Talon  par son décret,  remet tout simplement  en cause les acquis du régime passé parlant de la révolution téléphonique qui a conduit à la  baisse du coût de la communication la rendant accessible à tous. 

 Il faut dire tout simplement  que Romuald Wadagni vient de proclamer l'échec de la révolution de l'économie  numérique  tant prônée par le chef de l'État. Il sacrifie ainsi tous ces jeunes opérateurs qui y croyaient et qui s'étaient déployés  à travers des projets novateurs.

 Une persécution est  annoncée aux abonnés.   La réaction des  associations des consommateurs attendues. 

B.N