Augmentation des tarifs de péage et de pesage au Bénin: Le ministre des transports Alassane Séidou sur la nécessité de la décision

"Si nous restons aux mêmes tarifs, l'apport des populations ne sera pas substantiel et les partenaires ne nous comprennent plus", a indiqué Alassane Séidou en visite au poste de péage et de pesage d'Ekpè ce mercredi 4 juillet...

Le ministre des Infrastructures et des Transports, Alassane Séidou  a effectué ce mercredi 4 juillet une descente au poste de péage et de pesage d'Ekpè. C'est une  descente qui survient près d'une semaine après la décision du gouvernement d'augmenter à compter du 1er juillet,  les tarifs au niveau des postes de péage et de pesage du pays.   Objectif pour le ministre Alassane Seidou,  constater l'application effective de la nouvelle mesure gouvernementale et surtout d'informer les usager quant à sa nécessite.  

  A son arrivée,  Alassane Séidou a été accueilli par le Directeur du Fonds Routier Emmanuel Kouton dont la structure assure la gestion des lieux. Emmanuel Kouton faisant l'historique du poste de péage/pesage d’Ekpè, a souligné que les recettes ont chuté à un moment donné avec une moyenne de 3 millions par jour avec la gestion manuelle due à la vétusté du matériel informatique installé depuis 2003.  Le renouvellement de ce matériel informatique avec le passage en mode automatique a poursuivi Emmanuel Kouton, a permis d’accroître les recettes qui sont passées à 6 millions par jour et à 8 millions depuis la décision du gouvernement  de  relever les tarifs à partir du 1er juillet. 

 "De 2007 à aujourd'hui, c'est le Fonds Routier qui assure la gestion en régie du poste de péage et pesage d'Ekpè... Les équipements de gestion, les ordinateurs de voies et les serveurs installés depuis 2003 ont vieilli. Ils sont aujourd'hui hors d'usage. Ce qui a fait que ce poste qui est créé pour fonctionner en  mode automatique au début, au fil du temps, quand les équipements  de gestion se sont dégradés progressivement, est rentré en gestion manuelle jusqu'à une date récente où nous avons entrepris d'installer un système d'automatisation sommaire. Avec la mise en service du système, nous avons constaté une amélioration des recettes qui entre temps chutaient de façon drastique de sorte qu'avant la mise en service de l'équipement d'automatisation, nous sommes descendus à un moyenne de 3 millions par jour. Depuis que nous avons mis l'équipement d'automatisation service, nous sommes passés d'une moyenne de  3 millions à 6 millions et avec la décision prises par le gouvernement dernièrement pour relever les tarifs de passage à compter du 1er juillet, nous avons enregistré du 1er à la date d'aujourd'hui, une moyenne d'environ  8 millions", a souligné Emmanuel Kouton. 

 De la participation de la population à l'entretien des routes construites

 Pour le ministre des Infrastructures et des Transports Alassane Séidou, il faut être très attentif à la construction et à l'entretien de routes afin d'éviter les insécurités routières ainsi que les cas d’accidents induits par l’état dégradé des routes. Depuis quinze ans, précise t-il,  les tarifs au niveau des postes de péage et pesage sont restés les mêmes alors que le coût de l’entretien et de la construction des routes a plus que doublé.

" Depuis le 1er, nous avons décidé de revoir grille tarifaire de ces postes. Comme vient de  le dire le Directeur du Fonds Routier, ce poste a été créé en 2003 ? il y a 15 ans.  Depuis 15 ans, les tarifs sont restés les mêmes pourtant le coût de l'entretien et de la construction des route a plus que doublé. Or, il nous faut des ressources pour entretenir nos routes. Dans nos pays, le transport aérien est très faible, le transport ferroviaire n'existe pratiquement  pas. Le seul transport qui permet la mobilité des hommes et des biens, c'est  le transport terrestre  et quand on parle de transport terrestre, on parle de route, on parle du réseau routier. Donc nous devons être très attentifs par rapport à l'entretien de nos routes", a-t-il expliqué avant de souligner qu'avec l'exigence des partenaires, il faudrait que le pays compte sur ses propres ressource, ainsi, sur la participation des populations pour l'entretien des routes construites. 

 "Je crois que le gouvernement de la Rupture s'est inscrit dans cette dynamique.  Pour construire ces routes,  il faut beaucoup de ressources. Il y 15 ans pour construire 1km de voie bitumée , il faut environ 400 millions. Aujourd'hui, il faut plus un milliard.  Si nous restons aux mêmes tarifs, l'apport des populations ne sera pas substantiel et les partenaires ne nous comprennent plus. Même les pays riches exigent la participation des usagers de la route. Nous qui demandons l'aide de ces pays, ce n'est pas nous qui allons nous priver de cette participation.  La participation des populations est essentielle... Il faut que tout le monde contribue à l’entretien de la route, car nous sommes convaincus que le développement passera par le réseau routier ", a souligné Alassane Séidou 

Si d’après l’étude des cadres,  les usagers de la route devraient apporter  trois à quatre fois ce qu’ils apportaient avant l’augmentation, le ministre des Infrastructures et des Transports a souligné que c'est le chef de l'Etat, soucieux des peines de ces populations, qui a souhaité que les tarifs à appliquer désormais au niveau des postes passent au double. Et le consensus a été trouvé avec les responsables syndicaux.  

"Lorsque les cadre ont mené les études, ils ont trouvé que  pour cette participation soit substantielle, il faut que les usagers de la route apportent trois à quatre fois ce qu'il apportaient avant  l'augmentation; C'est un dossier que nous avons amené en conseil des ministres. C'est en plein conseil que le chef de l'État a trouvé qu'on ne peut pas aller du simple au quadruple, mais on peut tout au moins aller au double. Et par rapport au double, le consensus a été réalisé puisque nous avons faire un travail en amont avec les responsables des syndicats... Ils ont accepté que l'État peut passer au double parce que c'est une nécessité. Nous avons besoin de beaucoup plus de ressources car nous avons de très grands chantier de constructions et réfections des routes", a conclu Alassane Séidou qui appelle à l'application stricte  des nouvelles disposition prises. 

Brieux NOURENI