1ère édition de "Boxicon Xwé" : La ville carrefour tient sa fête identitaire

Trois jours de manifestations et de valorisation du patrimoine culturel local...

Les rideaux sont tombés ce dimanche 26 novembre sur la 1ère Édition de Boxicon Xwé. Lancées le 24 novembre 2017 sur l’esplanade  de la SHB, les manifestations de Boxicon Xwé étaient une occasion de retrouvailles et d'unité où les panégyriques locaux ont été révélés à la jeune génération. Portée par un groupe de jeunes progressistes soucieux du développement de  leur commune avec à leur tête, Eric Tindo, cette initiative de  Bohixon Xwé veut permettre à la ville carrefour  de s'affirmer à travers sa propre identité, sa propre histoire. Une identité souvent liée à celle de la cité historique  frontalière d’Abomey.

« C’est un acte historique fort fondateur d’une dynamique identitaire significative, qui s’inscrit dans une mouvance majeure d’affirmation dans un monde qui se globalise de plus en plus… Notre initiative est mue par le souci de faire rayonner notre cité en dehors des chapelles politiques toujours frileuses et suspicieuses à l’égard de toute entreprise fut-elle noble…», a souligné Eric Tindo, président du comité d’organisation lors du lancement officiel de Bohicon Xwé, le samedi 25 novembre sur  l’esplanade  de la SHB. Un lancement officiel qui a connu la présence des têtes couronnées, des cadres à divers niveaux de la commune à l’instar de Ernest Tindo, ancien Dg Cncb, des membres du conseil communal et de la population qui a effectué massivement le déplacement.  A l’occasion, plusieurs tableaux culturels animés par des artistes de la ville ont été présentés au public. Eric Tindo revenant sur les objectifs de la fête, a souligné que c’est une occasion de retrouvailles  pour révéler Bohicon au monde à travers son riche patrimoine  immatériel que constituent les panégyriques claniques. « En effet ce patrimoine immatériel permet à l’individu de s’identifier à un groupe social précis. Dans le passé, ces louanges fortifiaient nos ancêtres dans leur sentiment d’appartenir à un clan social et forgeaient en eux l’égo utile à la communauté. De nos jours, les panégyriques claniques gardent tout leur pouvoir de stimulation de l’individu et son clan », a souligné Eric qui  poursuit « L’objectif poursuivi est de protéger, pérenniser et faire rayonner notre culture… Gboxicon Xwé se veut un temps de découvertes…Cette fête nous offre l’occasion de rencontres et d’échanges fraternels… Enfin, un temps d’ouverture sur le monde. Notre commune se fait connaitre progressivement par le biais de la coopération décentralisée. Mais il faut un évènement fédérateur local de promotion des nos valeurs qui puissent faire déplacer de nombreux touristes ».

Eric Tindo pour finir,  a  appelé toutes les forces vives de la commune à laisser de côté les divergences et s’unir autour de l’initiative. « Boxicon Xwé reste perfectible et nous n’avons pas du tout la prétention d’en faire une chasse gardée ni une  forteresse inexpugnable. Tout le monde est appelé à apporter sa pierre à l’édifice », a-t-il conclu.

C’est l’Adjoint au maire Sanni MAMA, représentant l'autorité municipale Luc Atrokpo qui a lancé  les manifestations officielles entrant dans le cadre de cette 1ère Edition de Boxicon Xwé.  L’autorité a salué les organisateurs pour  cette ingénieuse initiative de développement  qui selon lui, contribuera à consolider les liens d’unité entre les filles et fils de commune. Sanni MAMA a réitéré le soutien du conseil communal pour la pérennisation de Gboxicon Xwé. C’était aussi une occasion pour le premier adjoint au maire et sa délégation de sillonner les différents stands de la Foire de valorisation des produits locaux initiée à l’occasion des festivités.

 Il faut souligner que la population a eu droit chaque soir pendant les trois jours de manifestations à des concerts animés par des artistes locaux.

Des origines de Bohicon

 D’abord géographiquement,  il faut déjà dire que la ville est située dans le  sud du Bénin plus  précisément dans le département du Zou (Plateau d'Abomey).  Elle  s'étend sur 139 km² pour 113 091 habitants selon  le dernier recensement de la population.  

Sur le plan historique, retenons que le passé de Bohicon ne peut être dissocié du puissant royaume de Danxomè ( XXVI et XIX è). Mais  la ville se revendique être la capitale de l’ancien royaume de Danxomè puisque ces premiers fondateurs sont partis de Hwawé (une localité de Bohicon). La ville abrite d’ailleurs  le palais du Roi Dakodonou  qui a régné de 1620 à 1645 sur Danxomè. 

 Pour l’origine du nom « GBOXIKON » donné à la ville, plusieurs explications jaillissent.  En référence aux témoignages oraux que  l’Abé Cyprien Tindo a recueillis de M. Gabriel (1971), GBOXIKON est par métaphore, le Marché (AXI) aux esclaves (GBO). C’était à une époque indéterminée de la traite négrière où la transaction du bois d’ébène vers Ouidah  battait son plein.  

 Selon d’autres sources, le nom (GBOXIKON) serait lié à un marchand de cabris (Gbo) du nom de KLEGBO et ami à un roi d’Abomey (lequel ?). Ce marchand qui pratiquait un marché aux cabris dans le quartier Zakpo avait l’opportunité d’offrir quelques bêtes au souverain pour des cérémonies annuelles dans le royaume. 

 Autre explication du nom Gboxikon : Nous sommes dans la période de la migration des Alèdaxonu (envahisseurs venant d’Allada au pays de Gédévi sur le Plateau d’Abomey), première moitié du 17ème siècle. Le prince Dako Donou  (1620 – 1645) s’installa à Hwawé après avoir évincé son grand  frère Gangnihessou ((1600 –1620).   A  l’époque, Bohicon n’était point séparé de Hwawé. Le marché existant  fondé par Gangnihessou  et du nom de GBOJO  aurait été moqué par Dako Donou  en une double sentence.

« GBO JEN NO XWLE » : Seuls les cabris le fréquenteront ; « GBO KO YI KON » : Les cabris  s’en sont déjà rapprochés.

 Voilà les diverses  explications qui fonderaient l’origine du  nom Boxicon que porte cette ville carrefour composée d'un peuple diversifié. 

Le débat reste ouvert.

Brieux NOURENI